Abdel Karim Khalil, né à Bagdad en 1960, est un sculpteur irakien reconnu pour ses œuvres poignantes sur la guerre et la violence. Diplômé en sculpture du College of Fine Arts de Bagdad en 1987, il travaille principalement le marbre et le bronze, matériaux qui confèrent à ses pièces une puissance tragique, tout en rappelant la tradition classique, notamment celle de Michel-Ange.
L'un de ses travaux les plus marquants fait référence à l'événement tragique de la prison d'Abu Ghraib, où il représente des prisonniers irakiens torturés par le gouvernement américain. Ses sculptures, telles que *We are living in an American Democracy*, mettent en scène des captifs nus dont la tête est masquée par un sac, un puissant symbole de l'humiliation et de la déshumanisation.
Khalil explore les thèmes de la torture, de la capture, et de la guerre, comme en témoigne sa représentation d'un tank en flammes, inspirée d'une scène dont il fut témoin dans les rues de Bagdad. Ayant grandi dans un quartier pauvre de la ville, où le chaos était une réalité quotidienne, il cherche à documenter les tragédies de son pays à travers une approche brute et naïve.
Détaché de toute allégeance politique, son art s'oppose à l’aliénation artistique imposée par l’État, que ce soit sous Saddam Hussein ou pendant l'occupation américaine. Bien que l’art irakien ait connu une renaissance après la chute de Saddam, cette vague fut rapidement étouffée par la violence omniprésente.
Khalil a exposé pour la première fois lors de l'exposition *Signals in the Dark: Art in the Shadow of War* à la Blackwood Gallery au Canada en 2008, et plus tard à Houston lors de *Iraqi Artists in Exile*. Il est aujourd'hui l'un des artistes irakiens les plus fréquemment exposés à l'étranger, notamment au Canada.