« L'œuvre de Mohamed Drissi ne s’explique et ne s’éclaire que par sa vie ; Vie ardente, confuse, tumultueuse, compliquée. Curieux de tout, il lui faut toujours une passion pour motiver et situer son œuvre », Michel Lisbonis.
Né à Tétouan en 1946, Mohamed Drissi a cherché dans les études des réponses à ses multiples questionnements. Il a entamé ses études à l’école des Beaux-Arts de Tétouan, en 1963. En 1968, il est à l'École supérieure des Beaux-Arts de Paris, puis à l'École supérieure des Beaux-Arts S. Jorge de Barcelone, en 1970. En 1973, il étudie à l’Ecole supérieure d’Arts et d’Architecture de Bruxelles, avant de rejoindre, en 1980, The School of visual arts de New York. A partir de 1981, il se consacre à la peinture, la sculpture et la gravure principalement. Spécialisé dans l’art thérapeutique, il obtient le 3e prix à la 5e exposition internationale du réalisme en Italie (Genova). Chacune de ces étapes a été importante dans le parcours de cet artiste.
Sa production s’inscrit dans l’universalité de la création, Mohamed Drissi a réussi à réaliser des installations d’une beauté hallucinante et à exorciser ses peurs et ses angoisses. Tous ces corps hideux, déformés et difformes, ces yeux globuleux ou durs, ces têtes désarticulées qui ont peuplé ses œuvres, n’ont été, en fait, que les visions arrachées à une enfance malheureuse et fragile. Selon M. Laâroussi, l'œuvre picturale du défunt reste inclassable et pourrait être associée à un courant que l'on pourrait qualifier d'expressionniste. Pour mieux comprendre la personnalité et le travail de l'artiste, il établit un parallèle entre Mohamed Drissi et le peintre italien Amedeo Modigliani (1884/1920). En 1914, ce dernier peignait des corps, mais ne se situait ni dans l'impressionnisme qui touchait à sa fin à l'époque, ni dans l'abstrait naissant, ni dans le cubisme qui dominait. Et pour cause, l'œuvre de Mohamed Drissi ne peut être expliquée et éclairée que par le parcours de vie complexe de l’artiste. À bien des égards, la vie de Drissi fut un rêve, un poème toujours esquissé, jamais réalisé, une quête profonde et incantatoire des secrets insaisissables de la vie. Il cherchera la solution dans la multiplication des formes et des figures. Et c'est précisément dans cette tendance que s'inscrit aussi sa sculpture, comme l'a écrit Françoise Devalière dans un livre qui lui était dédié : "Drissi joue avec le pinceau, avec les formes, avec les matériaux. Il construit, découpe, colle, soude, burine. L'important, c'est la forme, celle qui existe et qu'on transforme (...). D'un arbre, il fabrique un homme qui marche.".