Yaritji Heffernan est née dans le bush, vers 1965, sur les terres de la ferme d’élevage extensif de Mulga Park près d'Ernabella, tout au nord de l’Australie Méridionale. Ses parents étaient tous les deux des locuteurs Pitjantjatjara, son père était d'Angkatja et sa mère était d'Umutju.
Elle se souvient d’avoir été à l'école de la mission d'Ernabella. Elle y était à la même période que d’autres jeunes filles qui formeront plus tard avec elle un groupe d’artistes bien connues qui s’installeront à Adélaïde comme Yaritji.
Yaritji a épousé un homme Arrente (Aranda) près d'Alice Springs dans le Territoire du Nord et parle un peu Arrente et Amatyerre ainsi que Pitjantjatjara et Yankunytjara.
Yarijti est un artiste très complète qui a d'abord appris à peindre des œuvres basées sur le design «walka wiru» dans la salle d'artisanat d'Ernabella dans les années soixante-dix. Il s’agit de petites œuvres d’art, inspirées par la tradition mais qui, à l’époque, manque d’envergure, de créativité et de puissance pour connaître un vrai succès. Il s’agit d’avantage de souvenirs. En plus de la peinture, elle a réalisé des batiks en soie, des tapisseries, des tapis de sol crochetés, des peintures à l'huile et des céramiques. Elle se souvient d'avoir remporté les 1er et 2e prix au salon d'Alice Springs pour ses œuvres d'art alors qu’elle n’est encore qu’une jeune femme.
Plus récemment, grâce au NPY Women's Council, Yaritji a appris à tisser des tjanpi (paniers), des mukata (bonnets) et des colliers de graines peints à la main et réalise de très belles poteries. Elle a animé des ateliers artistiques à Darwin et Adélaïde. Peu à peu, avec cette expérience très riche, elle emmagasine un savoir faire rare chez les artistes aborigènes et développe sa créativité. Aujourd’hui, artiste bien connue, c’est elle qui enseigne et montre la voie à une nouvelle génération, reprenant ainsi les codes de la tradition aborigène, basée sur le savoir qui se transmet de génération en génération depuis la nuit des temps.
En 2010, elle déménage à Adelaïde et commence à peindre un studio qui fait travailler les artistes des terres APY. Elle en devient l’un des piliers. On pourrait penser que loin de ses terres, des sites dont elle est la gardienne, elle s’éloignerait de sa culture. Pas du tout. Sa peinture reflète son lien très fort avec ses terres, la connexion qu’elle garde avec les sites sacrés et permet de conserver les histoires du Temps du Rêve, de les diffuser et de les faire connaître au monde. Ce partage, avec les siens mais aussi avec le public non aborigène, semble très important pour elle.
Le thème qu’elle développe se réfère à un point d’eau très important car on continue d’y trouver de l’eau pendant la saison sèche. Les cercles représentent des cupules (qui donnent le titre à la plupart de ses peintures « Kapi Tjukula », où l'eau s'accumule après les pluies. L'eau est un élément essentiel dans le désert.
Pour son premier plan d'action de réconciliation, Housing Choices Australia commande une œuvre à Yaritji, sur le thème "A Place to Call Home."
Le nouveau Centre Murdoch de l'Association Américaine Australienne, (American Australian Association) a vu le jour récemment. Pour commémorer l'ouverture du siège social de New York, l'American Australian Association commande un grand format peint par à plusieurs mains : une collaboration entre huit femmes artistes aborigènes basées à Adélaïde : Rhoda Tjitayi, Sandra Pumani, Josephine Mick, Tjimpuna Williams, Jennifer Ingkatji, Yaritji Heffernan, Leah Brady et Nyunmiti Burton.
Yaritji participe régulièrement à de grandes expositions, en Australie ou à travers le monde, y compris en France où sont ses peintures sont montrées au Musée des Beaux -Arts de Rennes, au Havre lors d’un événement important autour de l’art aborigène,... .
Ses œuvres figurent dans d’importantes collections dont : AGSA, MAC, NGV, PM …