Maurice Gaston Elie Joseph Prost naît à Paris en 1894, dans le petit hôtel que gèrent ses parents dans le quartier des Halles. Inspiré par un frère aîné (Gaston) graveur, Prost dessine très tôt et fait montre de dispositions artistiques qui lui permettent d’entrer comme apprenti auprès du sculpteur Léopold Morice puis de l’animalier Charles Valton. Elève de Barye, ce second maître conduira le jeune homme au Jardin des Plantes pour observer et dessiner sur le vif les pensionnaires de la Ménagerie. Poursuivant son apprentissage chez l’orfèvre Gauthier, Maurice Prost participe en 1913 aux concours de la Chambre Syndicale de la Bijouterie et obtient deux médailles d’or en ciselure. L’avenir prometteur auquel semble voué le jeune homme de 19 ans se heurte alors tragiquement à l’horreur de la Première Guerre Mondiale. Mobilisé dès le mois d’aout 1914, Prost est victime en décembre d’une blessure au bras gauche qui nécessitera son amputation. Rendu à la vie civile, il doit réapprendre les gestes du quotidien et réfléchir à un avenir d’où la ciselure est désormais exclue. Après son mariage avec Germaine Bruyer en 1916, Prost s’installe dans le Sud auprès de son frère Gaston et fréquente les Beaux-Arts de Montpellier car il s’est choisi un avenir : devenir sculpteur. De retour à Paris après l’Armistice, Maurice Prost poursuit cette vocation tout en enseignant le dessin à la Chambre de Commerce de Paris.
En 1920, l’artiste s’installe dans un atelier du 14e arrondissement et reprend le chemin du Jardin des Plantes pour observer les fauves et concevoir ses futures sculptures. Il s’y lie notamment d’amitié avec Gaston Suisse, qui réalisera parfois la patine de ses plâtres, Roger Godchaux et Armand Petersen. Attaché à l’observation sur le vif de ses modèles, Maurice Prost modèle parfois devant les enclos des esquisses en plastiline (à l’instar de Rembrandt Bugatti) qui seront les modèles de ses animaux en glaise ou en cire. Les premières fontes de ses modèles ne le satisfont cependant pas, tandis qu’il est fasciné une technique que son handicap semble devoir lui interdire : la sculpture à taille directe. Installé à Brunoy (Essonne), Maurice Prost dessine quotidiennement dans l’atelier qu’il a accolé à sa maison et modèle les animaux domestiques qui l’entourent … C’est alors que l’artiste trouve la solution qui lui permettra la sculpture à taille directe : un burin pneumatique relié à un compresseur. Mis au point grâce au soutien du Secrétariat d’Etat aux Anciens Combattants, cet outil maintenu au creux de son épaule gauche lui permettra de guider de sa main valide les gradines d’acier afin de sculpter la pierre. Défiant obstinément la fatalité, Maurice Prost s’attaque alors aux matériaux les plus durs, tirant du marbre ou du granit un bestiaire à la force expressive unique et où le mouvement est omniprésent.
Mâtinées de l’esthétique Art Déco qui se fait jour autour d’elles, les sculptures de Prost présentent des silhouettes robustes et sensuelles, dont les masses architecturées et synthétiques soulignent avec une verve unique la majesté des animaux. Parmi eux, Prost aime particulièrement les grands fauves pour la souple indolence de leur force contenue. Exposant pour la première fois au Salon des Artistes Français de 1922, il obtient la médaille d’honneur. Fort de ce premier succès et de l’accueil enthousiaste de ses pairs, le sculpteur y participera régulièrement par la suite, ainsi qu’aux salons d’Automne et des Indépendants et à l’exposition annuelle du groupe des Animaliers à la Galerie Edgar Brandt. Exposant pour la première fois au Salon des Artistes Français de 1922, il obtient la médaille d’honneur. Fort de ce premier succès et de l’accueil enthousiaste de ses pairs, le sculpteur y participera régulièrement par la suite, ainsi qu’aux salons d’Automne et des Indépendants et à l’exposition annuelle du groupe des Animaliers à la Galerie Edgar Brandt. En parallèle, Prost devient en 1925 le vice-président de La Samothrace, une association d’artistes mutilés de guerre avec lesquels il exposera jusqu’à la fin de vie.
Apprécié du public et de la critique, le sculpteur recevra durant sa carrière de nombreux prix, récompenses, et commandes publiques. Parmi ces dernières, notamment, il réalise en 1937 deux sculptures monumentales de Pégases pour orner la passerelle de l'Alma à l’Exposition Internationale des Arts et Technique. Pour la réalisation de cette commande, l’artiste a déménagé son atelier rue de la Tombe-Issoire, où il a pour voisin le céramiste Georges Jouve. En 1939, Prost y organise une grande exposition personnelle où il présente des dizaines de sculptures et de dessins. Conjointement, Prost réalise plusieurs modèles pour la Manufacture Nationale de Sèvres, qui seront exécutés entre 1932 et 1938. Le succès rencontré sera, à nouveau, contrarié par la Guerre qui éclate quelques mois plus tard et ralentit considérablement l’activité de l’artiste. Cette dernière reprendra à la faveur de l’Armistice, notamment pour répondre aux nombreuses commandes publiques de monuments commémoratifs. Sur la fin de sa carrière, Prost s’intéressera également au nu féminin. Il s’éteint en 1967.